Un peu d’histoire :

C’est dans la bourgade de Saint-Pierre-d’Entremont (61) que naquit Marcel Letard le 21 octobre 1897. Il était le fils de Jean-Baptiste Letard né le 3 janvier 1867 dans ce village, et d’Elise Robbe née le 5 avril 1863 à Fresnes.

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Fabrique de sabots avec Marcel et Jean-Baptiste Letard (à gauche)

Jean-Baptiste faisait tourner sa fabrique de galoches dans le bourg avec 4 ou 5 employés.
Alors que se déclenche la guerre 1914, Marcel est mobilisé et envoyé dans les tranchées au chemin des dames. Il est victime d’une infection grave mais est miraculeusement remis sur pieds et revient endurci par cette terrible expérience.
Malgré une nomination d’instituteur, il préfère reprendre et développer l’activité de son père.
Il rencontre à cette époque Emilie Degasne, fille de François Degasne né le 12 décembre 1858 et de Emilie Datin née le 26 mai 1867.
Emilie Datin dirige à Saint-Pierre-d’Entremont une société prospère de vente de tissus et dirige quelques ouvrières à domicile qui confectionnent quelques chemises, serviettes, gilets et pantalons.


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Personnel et ouvrières a domicile d’Emilie Datin (au centre)

Marcel et Emilie se marient le 29 octobre 1921. La première année de leur union, ils entretiennent les deux commerces galoches et confection. Le commerce de tissus revient à Nazaire Degasne (le frère d’Emilie).

Le véritable commerce de la confection débute le 1er février 1922 1. Les matelas de tissus étaient coupés pendant les repas chez Léon Piard afin de bénéficier de l’électricité, les pièces coupées étaient distribuées par Jean-Baptiste Letard avec une charrette pour livrer les ouvrières à domicile et ramener les pièces montées.
Emilie créa les modèles et le couple décida de vendre une activité, et ce fut fait à la fin de 1922 où Monsieur Letessier de Saint-Cornier acheta la fabrique de galoches. Il la conserva quelques années avant de la revendre à Monsieur Moche de La-Ferté-Macé.

Le démarrage eut lieu véritablement en 1925, date à laquelle la société fit ses premiers bénéfices et était composée de 11 employés, 31 ouvrières et 4 voyageurs. Les premiers voyageurs effectuent leurs tournées à bicyclette.
Les vêtements confectionnés étaient à l’époque des vêtements de travail en coutil, des vêtements de chasse et des vêtements pour agriculteurs.
C’est en 1927 que furent installées une vingtaine de machines fonctionnant à l’électricité provenant d’un moteur à la naphtaline 2.
L’année suivante, une soixantaine de salariés travaillaient pour l’entreprise avec deux nouveaux voyageurs.Marcel cherche à se diversifier en travaillant pour les adjudications. Son premier marché fut pris pour l’intendance du Mans en 1933.
Toujours en recherche de développement, Marcel et Emilie partent à Partis rejoindre leur voyageur Monsieur Wolf pour montrer de nouveaux prototypes de sacs de transport et de masques à gaz. Ils font connaissance avec Raymond Levy (beau-père de Monsieur Wolf) qui voit en Marcel un homme dynamique, travailleur et instruit.
Aussitôt et jusqu’à la deuxième guerre mondiale, Raymond Levy multiplie les rencontres, ayant beaucoup de relations, et prend de nombreuses commandes. Il n’hésite pas à appeler Marcel à 5 heures le matin et très tard le soir, et permet à Marcel de développer à très grande vitesse son affaire. Il faut vite ouvrir d’autres ateliers, le premier est ouvert à Condé-sur-Noireau pour la fabrication de vêtements pour motocyclistes.
En 1935, il ouvre un atelier à Saint-James (50) et sort chaque jour 1 500 masques à gaz et sacs de transport et 500 vêtements huilés en cretonne blanche.
En 1938, Marcel ouvre deux ateliers à Flers pour la fabrication de vêtements militaires (sacs de transport et pèlerines anti-ypérite, c’est-à-dire anti gaz moutarde).
Le 21 juillet 1939, Marcel crée la Société Normande de Confection (Sonorco) pour éviter une surimposition des usines travaillant pour la défense nationale.
Le siège social est fixé au 54 rue de Messei à Flers avec au conseil d’administration Marcel, Maurice Lelièvre, son ami directeur des Tissages et Filatures de Flers, et Louis-Eugène Groult.
Le 16 octobre, 36 entrent dans la société, puis 26 le 18 octobre, 27 le 20 octobre, 26 le 27 octobre, et 30 le 30 octobre, soit pour le premier mois 145 personnes. En l’espace de 8 mois Marcel avait embauché pour la Sonorco 409 personnes.
Avec des effectifs à Saint-Pierre-d’Entremont et toujours des ouvrières à domicile, le couple dirigeait en 1940 désormais plus de 900 personnes. Ce chiffre à lui seul situe l’importance de la firme qui était de loin la première de la région dans sa spécialité.
Alors que tous les ateliers fabriquent jour et nuit et fournissent l’armée française, la guerre arrive et tous les salariés vont quitter l’entreprise entre le 12 juin et le 16 juin 1940, à cause de la fermeture des usines et de l’arrivée de l’occupation des Allemands à partir du 17 et 18 juin sur la région de Flers.
Marcel propose à 6 personnes de Flers de venir travailler à Saint-Pierre qui ne ferme pas pendant l’occupation et continue une activité ralentie dans la confection de vêtements civils (époque des points textiles et des tickets d’habillement).
L’intendance demande à Marcel d’installer rapidement un atelier de confection au sud de la Loire pour les fournir et sauver leurs stocks de tissu.
Marcel fait préparer les machines à coudre pour la gare de Flers où deux trains devaient être mis à la disposition. Mais le désarroi était tel et le désordre si grand que jamais les convois n’arrivèrent à Flers.
Le couple mobilise toute la famille et les proches, et se déplacent à Brillac en Charentes en juillet 1940, la troupe est composée d’une trentaine de personnes.
Devant l’impossibilité de trouver des machines à coudre, le retour est organisé en septembre 1940.
A la fin de la guerre, Marcel et Emilie constatent amèrement qu’il faut recommencer presque à zéro. Les stocks sont pillés, l’atelier de Condé détruit à 100 %. Les trois usines de Flers sont réquisitionnées. Seules les unités de Saint-Pierre et Saint-James sont prêtes à repartir.
L’usine de Saint-James reprend son activité en 1946 pour la SNCF et l’usine des Douets en 1947 pour l’intendance.

En 1947, leur gendre Paul Poulhès rentre dans la société et se charge de la comptabilité. En 1948, le gendre Roger Agati s’occupe des relations avec les administrations.
En 1951, leur fils Michel s’occupe de la technique, puis mon père Hubert Pradal, un nouveau gendre, devient directeur commercial.
Marcel définit une stratégie en fonction des personnalités fortes et installe Michel son fils à la tête de Sonorco pour travailler avec les administrations. Il place Hubert à la tête de Letard Degasne, transformée en 1954 en société anonyme, spécialisée dans les vêtements civils et les vêtements de travail et chasse.
Tandis que Michel, technicien hors pair, développe les organisations pour améliorer la productivité dans les ateliers, dépose de nombreux brevets, et met au point la Vitodo, combinaison à double fermeture à glissière qui depuis est devenue un standard du vêtement de travail.
Hubert va développer le chiffre d’affaires, et fait construire en 1963 un nouvel atelier moderne de 1000 m2 à Saint-Pierre.

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Marque Kiplay brodée en or

La succession étant assurée, Marcel peut partir en paix le 7 septembre 1968 dans sa 71ème année, entouré de l’affection des siens et de l’immense gratitude de la population de Saint-Pierred’Entremont.
Après les années de grand développement des années 1937, 1938, 1939, 1940, ce sont les années de 1969 à 1974 qui seront exceptionnelles.
Hubert ouvre un atelier à Sourdeval avec l’aide de la municipalité et fait construire une usine en 1976 pour permettre une augmentation de l’effectif.
La même année Letard Degasne rachète les locaux rue de la Boule des Tissages de Flers pour transférer l’usine des Douets qui se trouve en zone inondée.

En 2002, Letard Degasne sera renommée Kiplay, du nom de la marque commerciale déposée en 1932. 


Extrait « du textile en normandie, XVIIe – Xxe siécle »
Par Marc Pradal, PDG SAS Kiplay,
Président Normandie Habillement
Petit fils de Marcel et Emilie Letard
Fils D’Hubert et de jeanne Pradal

Philosophie :

Depuis le début des années 1990, Kiplay s’est spécialisée dans la création, la fabrication et la logistique des vêtements à image de marque et des vêtements personnalisés techniques.

Savoir faire :

En relation permanente avec les commissions techniques et les organismes spécialisés, Kiplay développe constamment des équipements de protection individuelle correspondant aux normes européennes suivantes :
-Haute visibilité EN 471
-Feu, soudure, multiriques EN 531, 533, 470-1
-zone Atex : EN 1149-1
-Hygrovet : EN 14404
-Pluie : EN 342, 343
Kiplay utilise également les technologies Sympatex, Outlast et le label OBS. Leader Français des vêtements Hygrovet, marque reconnue par la médecine du travail et les CRAM, Kiplay a également renouvelé son partenariat avec L’INRS jusqu’en 2010.

La référence qualité :

Depuis sa création, Kiplay a la passion du travail bien fait. Des la conception des vêtements, par le choix des matières, et au travers de coupes bien étudiées, les modèles sont essayés et testés auprès de professionnels pour approuver leur résistance et corriger pour une amélioration continue. Le savoir faire de Kiplay, issu d’une expérience de 80 ans, permet de vous apporter des produits bien conçus.